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Chevet de l'église en pierre de taille / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

Tour carrée à trois étages, percé d'une fenêtre géminée en plein cintre, surmontée d'une archivolte quadrilobée / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

Tour de l'église / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

Tour de gros morceaux de granite assemblés avec précision. Du côté du midi, la teinte de ces pierres d'un orangé foncé est admirable / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

Cada casa es un mon : chaque maison est un monde / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

Raco de les espardenyeres : coin des espadrilleuses / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

Tour romane  de l'église de bel appareil devant le cimetière / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

Trencall dels ocellets de bon : Raccourci des oisillons de bonne augure / France, Languedoc Roussillon, Coustouges


France, Languedoc Roussillon, Coustouges

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"Pour aller d'Arles à Coustouges, il faut faire environ trois lieues dans les montagnes par des sentiers difficiles. Mais la beauté des sites que je traversais me dédommagea complètement de la fatigue de la route. Sur le dernier plan d'un magnifique panorama, s'élevait la cime du Canigou, couverte de neiges, et dans l'espace de quelques heures, mille accidens de nuages et de soleil varièrent autant de fois l'aspect de ce paysage magique.

L'église de Coustouges a été fondée par le pape Damase, vers 370. Elle fut ruinée par les Arabes, puis reconstruite dans le IXe siècle. L'extérieur de l'édifice ne dément pas cette date. L'appareil est de gros morceaux de granite assemblés avec précision. Du côté du midi, la teinte de ces pierres d'un orangé foncé est admirable. La porte est placée à l'extrémité du mur méridional. Ce n'est pas la seule analogie que présente cette église avec celle de Ville-Neuve. J'ai retrouvé le même soubassement extérieur, les mêmes contreforts larges et peu saillans n'atteignant pas le haut des murs, enfin la même décoration de l'apside entourée d'une corniche en dents de scie. La tour est aussi placée à la droite du chœur. La façade, ou plutôt le mur opposé à l'apside, est dépourvue d'ornemens, n'ayant qu'une fenêtre bouchée, surmontée d'un fronton triangulaire sans corniche.

Le sol sur lequel l'église est fondée s'abaisse depuis la nef jusqu'à l'apside. A l'intérieur de l'église, au contraire, l'apside est plus élevée que la nef, en sorte que je ne doute pas qu'elle ne renferme une crypte qui aura été bouchée depuis longtemps. La porte méridionale, dépourvue d'ornemens, s'ouvre dans un vestibule séparé de la nef par une muraille. On y entre par une seconde porte cintrée avec six archivoltes très ornées qui m'ont paru présenter deux styles différents. Les trois inférieures, couvertes de palmettes, d'oves et de rinceaux, sont les plus anciennes.et appartiennent incontestablement à une époque où les souvenirs de l'ornementation romaine n'étaient pas encore oubliés. Les trois archivoltes supérieures présentent au contraire le caractère du style roman, sa bizarrerie et ses caprices. Au lieu de palmettes et de détails régulièrement reproduits, on voit des têtes plates, des monstres fantastiques,des serpens,etc. Leurs retombées se terminent par des têtes de démons , de la bouche desquels on voit sortir des bras et des jambes d'homme. Je me trompe fort, ou ces trois archivoltes sont une addition du XIe siècle , ou du commencement du XIIe.

Les voûtes de la nef sont ogivales, mais l'ogive est encore peu prononcée. L'appareil de cette voûte est très différent de celui des murs, et je suis porté à croire qu'elle a été construite assez long-temps après le reste de l'église, qui peut-être n'a eu jusqu'à la fîn du XIIe siècle qu'une toiture en charpente.

On descend dans la nef par deux marches ; deux autres marches élèvent le sol de l'extrémité opposée à la hauteur de celui du vestibule ; et, pour parvenir à l'autel, il faut encore monter une autre marche.

L'église n'a qu'une seul nef, et son plan est un parallélogramme rectangle, terminé par une apside. Deux colonnes sont placées en avant de l'ouverture de cette apside, et soutiennent une voûte d'arêtes plus basse que la voûte principale. Il en résulte comme deux portions de collatéraux qui se terminent au mur oriental, ou, si l'on veut, une espèce de transsepts, car de ce côté les murs latéraux sont moins epais et la distance d'un mur à l'autre est plus grande qu'au milieu de la nef. Ces colonnes sont grosses et courtes. Leur chapiteau paraît une ébauche de chapiteau corinthien , modifiée pourtant par quelques ornemens romans, tels que des chevrons. Une espèce de corniche règne au-dessus des arcades dont j'ai parlé. Elle est soutenue par des consoles, entre lesquelles sont des dents de scie ou de larges moulures prismatiques.

La tour est carrée, assez haute et à trois étages. L'étage supérieur est percé d'une fenêtre géminée en plein cintre, surmontée d'une archivolte quadrilobée. Les deux étages inférieurs n'ont chacun qu'une fenêtre étroite et cintrée. — Je remarque que, dans le Languedoc et dans le Roussillon, les tours romanes sont plus hautes que dans le nord et même qu'en Provence. Je n'en ai pas vu une seule qui ne fût carrée.

Cette église est consacrée à la Vierge,et c'est encore un rapport de plus avec la plupart des églises de la fin du VIIIe siècle que j'ai observées. Charlemagne, dit-on, fonda dans l'Aquitaine mille églises, toutes sous l'invocation de la Vierge. En tenant compte de l'exagération de cette tradition, on doit remarquer que cette invocation peut être admise comme présomption en faveur de l'antiquité d'un monument , lorsque d'ailleurs elle se trouve réunie à des caractères que je résumerais ainsi pour les VIIIe et IXe siècles : appareil régulier, moyen, de pierres taillées; soubassement au bas des murs; porte latérale, donnant entrée dans un porche qui précède la nef; façade dépourvue d'ornemens, tour unique carrée, placée vers l'extrémité du chœur ; style d'ornementation imité de l'antique et mêlé à des détails du roman primitif, tels que les dents de scie, les chevrons, etc."

-Extrait de Mérimée, voyage dans le midi de la France-
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