Je cherche :


Top images    
Contact Ajouter aux favoris Imprimer Géo-localisation Voir les commentaires
    Sommaire     »  France  »  Poitou

351 photos de

église chef d'oeuvre de l'art roman / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Avertissement : ramassez les crottes de vos chiens / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Tombes et cyprès du cimetière entourant l'église / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Une des deux tourelles de la facade de l'église / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Arcature du portail de droite, très mutilée, Christ entouré de St Jean et la Vierge ou St Pierre et St Paul / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Portail central à 4 voussures et surmonté de modillons très expressifs / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Portail de gauche, mort de st Pierre, tête en bas,  bourreaux frappant les clous des pieds de l'apôtre / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Combats de dragons et autres animaux mytholoqiques sur arcature / France, Poitou, Aulnay de Saintonge


France, Poitou, Aulnay de Saintonge

Page suivante
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 > >|
On lit dans "Les lances de Jérusalem" de Georges Bordonove :
"Il n'était pas tard lorsque le clocher d'Aulnay pointa au-dessus des arbres déjà fournis de feuillage. Le soleil du soir dorait cette église qui, selon moi, n'a pas sa pareille aux provinces de Bretagne et de Poitou. Il en est de plus vastes, et nombreuses ! Mais de plus ciselées, de mieux chantantes par leurs proportions, je crois que non. C'est une forteresse de l'âme et un beau livre ouvert. Un portail plus attirant, plus enluminé qu'une lettrine de Livre d'Heures, mais donnant accès à l'austérité, au reccueillement le plus intime. Elle se veut séduisante; c'est afin de mieux convaincre et sauver le pêcheur. Celui-ci ne peut continuer son chemin, fût-il en grande hâte d'arriver. Il lui faut céder à la curiosité, pénétrer dans ce havre de douceur, écouter le romancero de ces pierres vivantes !
[...] Tout le bestiaire figurait sous les arcs du porche : les lions, les sirènes, les chiens ailés, les guivres, les aigles; mais aussi les douze vieillards gardiens de la Lampe et les Evangélistes, et encore les Vierges, les Sages et les Folles bien différenciées, le sauveur entre saint Pierre et saint Paul. Deux anges reccueillaient le sang du premier vicaire du Christ, crucifié les pieds en l'air sur une croix pattée. Une profusion de feuillages peints, de pointes de diamants, d'étoiles à longues branches, encadraient les personnages.[...] jamais je n'avais si profondément et spontanément compris les symboles de notre religion. Bien plus, je découvris enfin, ou crus découvrir, l'explication de ce "cavalier Constantin" si fréquent sur les facades des sanctuaires qui jalonnent les grands chemins de pélerinage. Ce n'était point l'empereur de ce nom, mais l'image des croisés en marche vers l'Orient. Son poing ganté indiquait tout simplement l'itinéraire à suivre, la direction à prendre. Cette évidence me remplit d'aise."

------------------------------------------
L'église, originalement en Poitou, est entourée d'un vieux cimetière aux tombes enfouies sous le lierre et de grand cyprès.

Une croix hosannière gothique du XVe s. précède la facade principale. St Pierre (clé), St Paul, St Jean et St Jacques le majeur (en pélerin) y figurent sous des niches en accolade.

Cette église romane d'admirable exécution est un chef d'oeuvre de l'art roman du XIIe siècle.
Placée sous le vocable de Saint Pierre de la tour, elle comporte une abside et deux absidioles reliées à un transept de choeur s'ouvrant sur une nef et deux collatéraux à cinq travées.

A l'intérieur, une partie du décor des chapiteaux représente l'iconographie de Samson : victorieux du lion, séduit par Dalila, s'endormant, enchainé, cheveux coupés, perdant sa force... On y trouve aussi des scènes du péché originel avec Adam, Eve et le serpent, de chatiment avec des pêcheurs dont la tête est engloutie dans la gueule de félins, d'autres déchiquetés par des dragons. Le chatiment de l'avare est représenté par une bourse pendue à son cou. Ailleurs, Saint Georges ayant attaché son cheval à un arbre, est victorieux du dragon et délivre une princesse. Animaux fantastiques, lions couplés à une seule tête, acrobate grimaçant et serpents, de beaux oiseaux dans les feuillages, Cain assénant un coup de massue sur la tête de son frère Abel se préparant à offrir l'agneau du sacrifice, griffons mordant l'aile de leur bec...
Un chapiteau représente des éléphants désignés par une inscription latine : "Hi sunt elephantes"
A la naissance des pendentifs, les figures symboliques des quatre évangélistes.

A l'extérieur :
A la fenêtre sud-est, un chapiteau sur lequel l'Archange St Michel dispute les âmes au démon.

Sur les modillons :
Monstres, joueurs d'olifant, un guerrier, oiseaux buvant une coupe, personnages enlacés...
Près de l'absidiole sud à la corniche à arcatures, une tête barbue environnée de feuillages, un damné dans la gueule d'un lion.

La facade du bras sud du transept est extraordinaire :

Le portail comporte quatre voussures.
La première d'inspiration orientale, présente des sphinx ou griffons entrecoupés de masques d'animaux dans un décor de rinceaux noués.
Sous le ressaut de la seconde, Vingt-quatre atlantes aux bras levés semblent soutenir les vingt-quatre porteurs de fioles dialoguant deux à deux sur la voussure, les douze grands prophètes et douze apôtres incarnant l'ancienne et nouvelle loi.
sous la troisième voussure, trente et un personnages main levée (un par claveau) sont agenouillés sous trente et un vieillards couronnés portant vases et fioles, allusion au chapitre IV de l'Apocalypse de Saint Jean.
Les trente-quatre claveaux de la quatrième voussure illustrent un étonnant bestiaire de dragons, un griffon, centaure à l'arc visant un cerf, cyclope ailé, sirènes barbues, tritone , un homme et lion, un âne musicien, oiseaux buvant au calice, un clerc à tête d'âne, un bélier, un rapace nocturne...
Le treizième claveau, une femme-serpent, comporte l'inscription "chimera".
Des lions et personnages agenouillés dans des rinceaux complètent l'archivolte.

Au dessus d'une vigoureuse corniche dont les modillons montrent un guerrier, un couple et des acrobates, trois arcatures dont celle du milieu en arc brisé présente une rose gothique rajoutée, surmontent une grande porte en plein cintre.
Quatre guerriers casqués derrière de longs boucliers évoquent les quatre vertus cardinales triomphatrices des vices apparaissant sous les traits de démons squeletiques.

Du côté nord, allégorie de l'église ?, un buste de femme tenant une hostie dans chaque main orne un chapiteau de fenêtre.

Sur la facade Occidentale se tenait au dessus des arcatures un cavalier dont la révolution ne nous a laissé qu'une pauvre morceau. S'agissait-il de l'empereur Constantin délivrant l'église des persécutions, ainsi qu'on le représenté souvent ?

Le portail central comporte trois voussures :

Six anges au centre de la première voussure : l'agneau crucifère est porté par deux anges surmontant deux anges thuriféraires et deux anges adorateurs.

Sous les traits d'êtres casqués abbatant des êtres squeletiques et désarticulés de leurs lances et de leurs boucliers effilés, le triomphe des vertus sur les vices illustre nommément la seconde voussure :
la patience sur la colère, chasteté sur luxure précèdent, à la clef de l'arc, humilité sur orgueil et largesse sur avarice (à la bourse suspendue à son cou) partagent la couronne des justes, puis viennent foi sur idôlatrie et concorde sur discorde...

La troisième voussure illustre la parabole des Vierges sages et folles de saint Matthieu, entourant l'époux divin à droite duquel la porte est fermée. De ce coté qui est la gauche du Christ ou coté senestre (sinistre), elles tiennent leurs lampes renversées.

Dans la voussure externe se déroule le temps à travers les signes du zodiaque et les occupations des mois de l'année, reprenant l'application des sujets aux claveaux :
Homme se chauffant en janvier (Verseau),
portant une pelisse à longues mèches en février et surmonté de poissons.
Après trois claveaux non sculptés, une tête dans les feuillages figure mars surmonté d'un bélier et de l'inscription ARIES.
Avril et mai manquent ici et ne subsiste que les gémeaux surmontés de la fin de l'inscription (ge)MINI.
un couple de paysans affairés figure la fenaison de juin. suivent un lion et le cancer qui sont intervertis.
La moisson de Juillet avec faucille et tige croisée se devine à peine.
Les inscriptions "Virgo" et "Augustus" surmontent une Vierge aux rangées d'épis et d'un batteur (disparu aujourd'hui)
Une femme surmonteé de l'inscription "libra" tient une balance sur sa poitrine tandis qu'une scène de vendanges illustre septembre.
Presque effacé, un homme et porcs à la glandée sans scorpion pour octobre
Un sagitaire brisé surmonte une bête au râtelier pour novembre
Capricorne surmontant l'arcature sous laquelle un homme est attablé pour décembre.

Les modillons et ornements de la corniche sont très expressifs.

Sur le portail de gauche figure la mort de Saint Pierre, tête en bas, dont les bourreaux frappent les clous fixant les pieds de l'apôtre. Les branches de la croix se terminent en fleuron.

L'arcature de droite, très mutilée, présente sans doute le Christ entouré de Saint Jean et de la Vierge (ou St Paul et St Pierre) et conserve des traces de polychromie.

On remarque sur un des chapiteaux une inquiétante Luxure mordue par des crapauds et des serpents.

L'ensemble des sculptures d'Aulnay fait montre d'une grande virtuosité où les représentations terrifiantes fustigent souvent l'homme et la femme.

Elle est considérée à raison comme une des plus belles représentations de l'art sculptural roman en Europe.

Menu Photographier
© Photos-depot.com - 2005-2017